lundi 27 août 2018

Mot de la semaine n° 411 du 27 août 2018 - Action Cœur de Ville


Lors de mon intervention à l’occasion de l’inauguration de notre Foire aux Vins, le 27 juillet dernier, j’ai fait part de ma satisfaction de voir Colmar retenue dans le dispositif national « Action Cœur de Ville », au même titre que 221 autres villes françaises (cf. Mot de la Semaine du 30 juillet 2018).

J’ai eu la grande satisfaction de signer la convention cadre, liée à ce dispositif, le 23 août dernier, avec le Préfet du Haut-Rhin, le Président de la Région Grand Est, et l’ensemble des partenaires associés.

« Action Cœur de Ville » n’est pas un simple instrument de plus. Il s’agit d’un dispositif que j’ai appelé de mes vœux et qui repose sur un principe gagnant – gagnant, et une véritable volonté de concertation avec les différents acteurs.

Ayant milité en effet de longue date en faveur de ce plan, je me réjouis que Colmar, agissant en même temps pour l’agglomération, puisse être accompagnée dans la poursuite de son développement et être confortée dans son positionnement de ville à rayonnement régional. L’opération « Cœur de Ville » s’inspire à ma plus grande satisfaction, du diagnostic, des constats et priorités d’actions que j’avais soumis au Premier Ministre, il y a un an, à l’occasion de la première conférence des territoires.

Nous avons su anticiper les difficultés auxquelles sont confrontées nombre de villes moyennes en menant des actions et projets visant à maintenir une dynamique d’attractivité.

Il a fallu beaucoup d’énergie et de travail depuis 1995 pour arriver à éviter le destin que vivent aujourd’hui d’autres villes moyennes. Nous n’avons cessé en effet de soutenir la dynamique de la collectivité par des actions très concrètes : promotion du tourisme, gestion optimisée des deniers publics favorisant un niveau important d’investissement public pour soutenir l’activité et donc l’emploi et la démographie, plans d’aménagement de parcs de stationnement en périphérie, recrutement d’un manager de proximité, mise en place d’une taxe sur les locaux commerciaux vacants … Je souhaite pouvoir, à travers le plan d’actions « Cœur de Ville » éclairer la voie du développement d’autres collectivités locales par le retour d’expérience de Colmar.

De l’avis de tous, Colmar est un exemple dont je souhaite partager la réussite à travers le réseau « Cœur de Ville », animé par le Ministère de la Cohésion des Territoires. Elle est l’exemple type des villes qui viennent en relais des métropoles dans la structuration des territoires et peut effectivement servir d’exemple ou de « laboratoire » pour les autres collectivités.

Par l’opération « Cœur de Ville », il s’agit aussi d’aller plus loin par l’innovation en trouvant les solutions devant permettre de consolider le rayonnement du centre-ville, en corrigeant les dysfonctionnements présents ou à venir. Avec ce plan national et les moyens qu’il offre, nous allons pouvoir aller encore plus loin et plus vite.

Au-delà des réussites incontestables pour Colmar et son agglomération, il reste des points faibles.

Il existe tout d’abord non pas un mais deux centres-villes à Colmar du fait de la ligne de chemin de fer qui coupe la cité en deux : le centre-ville historique et le centre-ville ouest où se trouvent les deux quartiers prioritaires de la ville (au sens « politique de la ville ») : Europe Schweitzer et Bel Air Florimont). La confortation de ces deux centres et de leurs liens avec la périphérie s’avère un enjeu majeur pour faire en sorte que Colmar continue à jouer son rôle dans l’animation du Centre Alsace. La transformation sous l’égide de la Ville de l’ex hôpital militaire Baur et de la caserne Rapp, avec la réalisation du parking Dreyfus, ainsi que l’extension de la Gare côté ouest, participaient déjà à la réalisation de l’objectif visant à conforter les points de jonction entre les côtés Est et Ouest.


En second lieu, chacun des deux centres villes laisse apparaître des signes sur lesquels il nous faudra être particulièrement attentifs dans les années à venir. L’opération « Cœur de Ville » va nous y aider, en particuliers dans les domaines des transports publics, de l’habitat et du commerce.

Ainsi le centre-ville historique concentre un parc de logements nécessitant une importante mise aux normes, particulièrement en zone de protection patrimoniale. Par ailleurs, les commerces souffrent de la concurrence du e-commerce et d’une dérive opportuniste vers la clientèle touristique au détriment des habitants permanents. Le lien entre le centre-ville historique et la gare doit être enfin mieux affirmé, le développement de ce dernier secteur devant devenir un des relais économiques au développement touristique.

Le centre-ville ouest a fait (Europe / Schweitzer) ou va faire l’objet (Bel Air / Florimont) d’importantes rénovations. Le nombre d’habitants sur ce périmètre est de près de 12 000 habitants, un nombre identique à celui du centre-ville historique. Au-delà du volet habitat, un travail de fond va être effectué pour faire venir le commerce et l’activité. C’est à cette condition que les opérations de rénovation urbaine auront atteint pleinement leur objectif. Je m’y emploie, aussi, avec la revitalisation de la zone commerciale dite de l’ancien « Match » qui trouvera un début d’exploitation vers la fin de cette année. D’ici là, le parking sera totalement réaménagé. Mais d’autres actions doivent pouvoir relayer cette dynamique.

Le programme « Cœur de Ville » comporte trois volets principaux : habitat, commerce et services, et cinq axes thématiques :

-          Axe 1 : vers une offre attractive de l’habitat en centre-ville ;

-          Axe 2 : favoriser un développement économique et commercial équilibré ;

-          Axe 3 : développer l’accessibilité, la mobilité et les connexions ;

-          Axe 4 : mettre en valeur les formes urbaines, l’espace public et le patrimoine ;

-          Axe 5 : fournir l’  accès aux équipements, services publics, à l’offre culturelle et de loisirs.

La dimension intercommunale de ce programme s’explique par le fait que les enjeux et les actions du centre-ville doivent être appréhendés en cohérence avec le projet de territoire de Colmar Agglomération.

Plusieurs thématiques d’intervention relèvent en effet des compétences intercommunales (les transports par exemple). Mais aussi parce que le succès du projet de territoire implique une coordination et une cohérence des stratégies et des actions entre la commune et les communes membres de Colmar Agglomération.

Pour mener à bien la démarche, un comité de projet a été constitué, regroupant les services de l’Etat, la Région et les différents partenaires : la Caisse de Dépôts, Action Logement, l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH), l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), la Chambre de Commerce et d’Industrie Délégation de Colmar (CCI), la Chambre de Métiers d’Alsace, Pôle Habitat, Colmar Habitat, l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).

Ce comité assurera le suivi de la mise en œuvre du dispositif. Je veux remercier tous ses membres pour l’important travail mené en quelques semaines visant à dégager des propositions d’actions concrètes. Un certain nombre d’opérations pouvant débuter rapidement, ont été inscrites dès à présent dans la convention cadre :

-          la rénovation de logements sociaux dans le centre-ville historique,

-          la rénovation de la galerie Europe, puis de celle des Remparts,

-          la mise en place de navettes électriques,

-          la création d’un mail « Luxembourg » dédié à la promenade dans le secteur Ouest,

-          la rénovation de l’éclairage et la mise en valeur du patrimoine via le plan d’animation lumière,

-          le réaménagement du site de la Montagne Verte avec l’aménagement d’un parc public et la construction d’un parking souterrain.

Par ailleurs, et il s’agit là d’un point important, le président de la Région Grand Est est partie prenante dans cet engagement contractuel. En effet, Colmar et son Agglomération figurent aussi dans le champ d’intervention prioritaire de la Région.

Le plan « Action Cœur de Ville » s’inscrit parfaitement dans ma conception d’un développement territorial qui vise à conforter le rôle des villes moyennes autour d’un centre-ville dynamique et attractif, avec le soutien d’une agglomération renforcée.




Gilbert MEYER

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