lundi 8 octobre 2018

Mot de la semaine n° 417 du 8 octobre - Fête de l'énergie


L'âge d'or des "Trentes Glorieuses", cette période où l'on pouvait, entre autres, dépenser l'énergie sans compter, est révolue. La société a vécu de profonds changements. L'explosion démographique en Afrique et en Asie, conjuguée à la raréfaction des ressources naturelles, entraîne de graves conséquences écologiques. Sans compter celles liées à l'émergence de nouvelles puissances industrielles telles que la Chine, l'Inde, le Brésil.

Nous ne pouvons plus agir comme si rien n'avait changé. Il nous faut adapter nos modes de vie et de consommation aux contraintes de notre temps. Sans pour autant revenir à l'âge de pierre ! Le mix énergétique vers lequel il faut tendre laisse une place réduite aux énergies fossiles pour favoriser les énergies renouvelables : éolien, solaire, biomasse, hydraulique et géothermie.

Localement, je veille avec mon équipe à ce que toute question afférente à l'énergie s'appuie sur
2 critères essentiels : la consommation d'énergie finale nette et les émissions de CO2.

A quelques mois des élections européennes (26 mai 2019), les décisions visant à protéger l'environnement doivent être prises pour être efficaces, en commun au sein de l'Union Européenne. Transition énergétique, écologique et Europe, sont indissociables. Voilà un bel enjeu pour nourrir les débats qui surgiront à la faveur de ces élections ! C'est d'autant plus nécessaire que les questions énergétiques et environnementales constituent un moteur pour l'Europe, mais aussi une source d'emplois et de croissance économique !

Localement, la 6ème édition de la Fête de l’Energie s’est déroulée le 29 septembre dernier, place de la mairie.

L’organisation de cet évènement est née de l’étroit partenariat que nous entretenons, depuis de nombreuses années, avec l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et la Région Grand Est. Cette fête a aussi été l’occasion pour moi d’exprimer toute ma reconnaissance à l’action collective menée dans ce domaine par les différents acteurs, dont les associations.
J’ai aussi rappelé que le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie en France. Il représente 43 % de la consommation en énergie finale, dont 2/3 dans le secteur résidentiel, et plus d’1/4 des émissions de gaz à effet de serre. Les dépenses d’énergie constituent en moyenne 6 % du budget des ménages, atteignant parfois plus de 10 % du budget des ménages les plus modestes. C’est dire combien la rénovation énergétique de l’habitat est prioritaire.
Cette thématique constitue d’ailleurs un axe stratégique de la politique de développement durable de Colmar Agglomération. Illustration à travers quelques exemples d’actions menées sur le territoire :

-        la réalisation d’une thermographie aérienne permettant aux habitants de visualiser les déperditions thermiques en toiture et favorisant la réalisation de travaux de rénovation énergétique.

-        la création d’un Espace INFO ENERGIE (programme soutenu par l’ADEME et la Région) : deux conseils renseignent les particuliers, de façon indépendante et gratuite, sur toutes questions relatives aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables (6 000 contacts depuis sa création, en 2009)

-        la mise en place d’une plateforme de rénovation énergétique OKTAVE (programme également soutenu par l’ADEME et la Région) pour la rénovation des maisons individuelles au niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation) : 8 chantiers en cours ou finalisés

-        la création d’un dispositif d’aides à la rénovation énergétique et au développement des énergies renouvelables dans l’habitat privé, en partenariat Colmar Agglomération - VIALIS (aides pouvant aller jusqu’à 6 000 € / logement).
Depuis le début de l’opération, plus de 3 500 opérations aidées par Colmar Agglomération et VIALIS.
Montant global des travaux mis en œuvre : 16 M€
Montant des aides versées : 1,6 M€ par la Colmar Agglomération et 1 M€   par VIALIS.
15 000 T CO2 évitées (1 tonne CO2 = une année de chauffage d’un appartement 3 pièces).


-        le programme d'énergie sur les bâtiments municipaux : diagnostics thermiques, travaux de rénovation énergétique, développement des énergies renouvelables : minimum 1M€  d’investissement, chaque année.

-        la création des Trophées de l’Energie (partenariat Ville, VIALIS, SCCU, Espace Info Energie et Plan Climat) pour récompenser les habitants de l’agglomération ayant entrepris des travaux de rénovation énergétique exemplaires. Enveloppe globale des prix :
12 000 €.

-        la lutte contre la précarité énergétique avec la distribution plus de 5 000 packs d’économies d’énergie, accompagnée d’actions de sensibilisation en direction des foyers les plus vulnérables. Ces résultats ont été significatifs, notamment en terme de consommation d’eau : certaines familles ont divisé leur facture par 4 !

-        la construction de la chaufferie bois-énergie d’une puissance de 8 méga watts, 19 000 logements raccordés. Une économie de 2 400 tonnes de fioul lourd et une réduction de 30% des rejets, soit l’équivalent de 7 Tonnes/an de CO2 et de 50 tonnes de soufre/an.
De plus, l'abonné bénéficie d’un taux de TVA réduit à 5,5 %, contre 20 % pour les énergies fossiles (ex : pour un logement de 3 pièces, cela représente une économie de près de
100 €/an, sans compter les frais d’investissement et d’entretien évités par rapport à une chaudière individuelle).

-        Et le dernier né : la création d’un cadastre solaire en partenariat avec le Conseil départemental du Haut-Rhin. Ce cadastre permet aux particuliers de déterminer en quelques clics le potentiel solaire des toitures de leur habitation, et donc d’évaluer la pertinence d’une installation solaire de la toiture. Il s’agit d’un outil phare du Grand Pays de Colmar en faveur de la transition énergétique

Le « Village » de l’énergie organisé le 29 septembre a été un événement ludique et convivial. Les animateurs des quelque 20 stands ont rencontré plus d’un millier de Colmariens tout au long de la journée. Ils leur ont donné leur envie d’agir, afin de réduire leur consommation d’énergie et d’alléger leur facture énergétique.


Gilbert MEYER

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