lundi 12 novembre 2018

Mot de la semaine n° 422 - Centenaire Armistice 1918


La Ville de Colmar a tenu à organiser toute une série d’évènements autour de la commémoration du Centenaire de l’Armistice de 1918. Le point d’orgue de ce programme a résidé dans la cérémonie commémorative, le 11 novembre, en présence des militaires du 152e Régiment d’Infanterie de Colmar et du Préfet du Haut-Rhin. Elle a été organisée, pour plus d’éclat, rue des Unterlinden, entre le musée et les anciens Bains avec la participation d’élèves du Collège Molière et des élus du Conseil Municipal des Enfants.

Je veux remercier tous les membres du groupe de travail qui, sous le pilotage de mon Adjoint, Maître Maurice BRUGGER, se sont impliqués dans l’organisation des différentes manifestations depuis mi-octobre : avec l’association des Officiers de réserve de la région de Colmar présidée par M. Serge THIRODE, le 152e Régiment d’Infanterie de Colmar, le Groupement de Gendarmerie, les Archives départementales, l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, l’Education Nationale, le Service Départemental d’Incendie et de Secours  …

Tant que toute trace de cette guerre désormais ancienne ne sera pas disparue, tant qu’il restera l’un de nous pour se souvenir de ce que lui décrivait directement son aïeul, il sera bon que nous continuions de commémorer ensemble cet armistice.

Certes, on se bat toujours dans de nombreux pays, dans de nombreux points du globe. Mais depuis plus de 70 ans, l’Europe se construit et les peuples qui s’affrontèrent jadis ont pris l’habitude de se rencontrer, de s’apprécier et de construire progressivement par de nombreux échanges une relation qu’aucun conflit n’est venu ébranler.

Fallait-il la guerre de 14-18, puis celle de 39-45 pour que cette construction ait lieu ? Nul ne saura jamais, tant les conjectures dans ce domaine sont hasardeuses. Nos aïeux ont combattu durant la « Grande Guerre » et très nombreux sont ceux qui ont perdu leur vie pour que nous puissions vivre dans un monde de paix.

Alors que nous célébrons cette année le centenaire de la première guerre mondiale, il est essentiel d’insister sur l’importance de porter, non pas comme un fardeau, mais comme un étendard, le devoir de mémoire. Si Lazare PONTICELLI, le dernier « poilu », n’est plus, son témoignage et celui de ses camarades demeurent. Avec sa disparition, la Grande Guerre a quitté notre histoire contemporaine. A nous d’œuvrer pour qu’elle ne devienne pas définitivement de l’histoire ancienne.

Je veux souligner à cet égard l’importance de la tâche accomplie par les associations d’anciens combattants pour diffuser auprès des plus jeunes la connaissance historique et la culture de la paix. Grâce à eux, grâce à la présence des porte-drapeaux à chaque cérémonie militaire, la transmission intergénérationnelle de la mémoire est assurée. On ne peut que s’en féliciter.

La situation des Alsaciens-Mosellans incorporés de force dans l’armée allemande pendant cette période a resurgi douloureusement à la faveur de cette commémoration.

Je puis imaginer les souffrances vécues à l’époque par nos compatriotes. Sur une question aussi sensible, les mots manquent toujours de « substance » pour traduire précisément notre ressenti.

La commémoration du 11 novembre vise à célébrer la mémoire de tous les combattants de la « Grande Guerre ». Dès lors, raccrocher la cérémonie à l’histoire régionale ne me paraît pas correspondre, dans l’esprit, à l’idée que nous devons nous faire de la « transmission » aux jeunes générations.

A l’heure où le rapprochement franco-allemand n’a jamais été aussi effectif, il contribue progressivement à nous « libérer » du poids d’un passé allemand si durement ressenti tout au long du 20ème siècle.

Le cheminement du centenaire et, dans ce cadre, la réalisation de l’historial franco-allemand de la Grande Guerre sur le site de l’Hartmannswillerkopf, en sont une illustration. Dans le même esprit, l’ossuaire de Douaumont, monument érigé à la mémoire des soldats de la bataille de Verdun de 1916, abrite les restes de 130 000 soldats inconnus, Français et Allemands. Comme si la mort avait réuni elle-même, sans distinction de nationalité, les corps et les âmes des Hommes confrontés à la tragédie de l’Histoire.

Rêvons ensemble du jour où le retour à la paix ne sera plus seulement, comme l’écrivait Jean GIRAUDOUX « l’intervalle entre deux guerres », mais plutôt, comme l’avait souhaité le philosophe allemand Emmanuel KANT, l’aube d’une paix perpétuelle. Si le souhait du second n’a malheureusement pas été exaucé, nous avons la chance, après deux conflits incroyablement meurtriers, de connaître en Europe une paix durable, depuis plus de 70 ans.


Gilbert MEYER




*Quatre autres événements viendront clôturer le programme du Centenaire dans les jours suivant la cérémonie comémorative du 11 novembre :

-        Samedi 17 novembre 2018

o   de 10h à 12h : l’Office national des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Colmar, organisera des visites guidées de la Nécropole militaire de Colmar (4 Avenue Joseph Rey). Dans le cadre de cette visite, l’histoire personnelle de certains soldats sera mise en avant (inscriptions : invitation@colmar.fr )
o   à 17h30 : Place du 2 février, sur le parvis du pôle Média Culture Edmond Gerrer, sera organisé, par l’Ecole Buissonnière un spectacle intitulé « Un bouquet de Liberté ». Dans ce spectacle, chaque fleur portera un symbole, un message, pour atteindre et célébrer la liberté.
Ce spectacle sera suivi d’un rassemblement laïc et interreligieux pour la Paix. En présence de représentants des religions juive, catholique, protestante et musulmane, les Colmariens sont invités à se rassembler nombreux pour délivrer ensemble un message de paix.

-        Dimanche 18 novembre à 17h

L’association St-Matthieu, Eglise Ouverte (ASMEO) organise un concert commémoratif européen qui réunira des choristes sans frontières pour célébrer le Centenaire de l’Armistice (entrée libre sur plateau).

Par ailleurs, le Festival du livre qui aura lieu au Parc Expos les 24 et 25 novembre prochain relayera la thématique du Centenaire de l’Armistice de 1918 en proposant un fil conducteur autour d’auteurs et d’animations en rapport avec la Grande Guerre.

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