lundi 14 janvier 2019

Mot de la semaine n° 431 - Gilets Jaunes


Le mouvement des « gilets jaunes » se poursuit. Les semaines passent sans que la pression retombe. Le samedi, sur les chaînes d’information, les images de chaos se succèdent : voitures incendiées, échauffourées répétées entre forces de l’ordre et horde de casseurs n’ayant rien à voir avec celles et ceux faisant valoir leur droit à manifester…

Cela fait deux mois que la contestation perdure, avec son lot de violences verbales et physiques.

Que mon propos soit bien compris : le droit de manifester est un droit constitutionnel qu’il est fondamental de préserver. C’est l’essence même du débat démocratique que de permettre à chacune et à chacun d’exprimer ses revendications et les porter haut et fort pour qu’elles soient entendues dans le pays.

Mais la violence doit cesser. Les dégâts causés aux biens, à l’économie, ont atteint un seuil limite que nous ne pouvons nous permettre de dépasser davantage. A cet égard, j’adhère totalement au projet annoncé par le Premier Ministre d’un fichier d’interdiction de manifestation par les casseurs. Je regrette pourtant que ces propositions déjà faites par le Sénat au printemps 2018, aient été refusées par le Gouvernement.

Samedi 5 janvier, quelque 2 000 manifestations ont sillonné les rues de notre ville. Ils l’ont fait encadrés par des leurs, avec un sens des responsabilités citoyennes qui les honore. Je les en remercie. Les lycéens, quelques semaines auparavant, avaient déjà montré l’exemple à Colmar : exubérance bon enfant, mais sans aucun excès pour manifester leur désaccord contre le projet de réforme du lycée et du baccalauréat. L’exemple colmarien n’aura guère fait d’émules cependant. Le maire que je suis est heureux que les différents manifestants aient été animés d’un sens aigu des responsabilités.

Je suis allé moi-même à la rencontre des « gilets jaunes » le 11 décembre dernier. Nous avons discuté à bâtons rompus pendant près d’une heure sur le giratoire de la Statue de la Liberté.

Par ailleurs, j’ai reçu en mairie deux délégations de « gilets jaunes », les 3 et 5 janvier. A chaque fois, cela s’est bien passé. Les échanges se sont déroulés dans le calme, débouchant sur de véritables dialogues. Cela montre bien à quel point les élus locaux sont au cœur de la démocratie de proximité, au plus près des préoccupations des citoyens. Il est dommage que le Gouvernement n’en ait pas pris conscience plus tôt. Il ne pourra réformer le pays sans l’appui de chacun des corps intermédiaires, et en particulier des maires. Désormais, le malaise est profond entre le chef de l’Etat, les territoires et une majorité de Français.

Sur la base des propositions des « gilets jaunes », j’ai aussi fait ouvrir, depuis le 8 janvier, un cahier de doléances dans le hall de la mairie (entrée place de la mairie). Celles et ceux qui le souhaitent peuvent y consigner librement leurs revendications, pendant les heures d’ouverture de la mairie.

Nous devons, tous ensemble avec les pouvoirs publics, continuer à ouvrir sans cesse le débat dans un climat de respect mutuel, sans débordement. Puisse le grand débat national qui va s’ouvrir à l’initiative du Gouvernement, nous permettre de retrouver les fondements d’un contrat de confiance avec pour objectifs, de retrouver la sérénité et de rechercher une entente sociale.


Gilbert MEYER

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