lundi 4 février 2019

Mot de la semaine n° 434 - Salon Formation Emploi


La 41ème édition du Salon Formation Emploi a eu lieu les 25 et 26 janvier dernier au Parc Expos.

Il y a deux façons d’appréhender la pérennité de ce Salon, disais-je lors de l’inauguration. Celle, positive, consiste à relever son utilité. La manifestation noue en effet un partenariat fort entre acteurs économiques, sociaux et politiques. Un partenariat pour donner à notre bassin de vie une ambition d’avenir en permettant notamment à la jeune génération de trouver de quoi entrevoir un avenir professionnel.

Mais ce Salon n’aurait pas de raison d’être si la situation de l’emploi était au beau fixe. Ce n’est pas le cas, on le sait. Pourtant chaque jour des milliers d’entreprises, au niveau national, peinent à recruter les compétences nécessaires à leur développement.

L’une des raisons de ce paradoxe repose sur l’image des métiers techniques, souvent manuels. Or ces métiers exigent des savoir-faire pointus et extrêmement divers. Il faut apprendre aux jeunes, et peut-être à leurs parents, qu’un chaudronnier, par exemple, peut tout aussi bien réaliser des cuves en inox permettant d’entreposer les grands crus, que forger les ailes d’un avion !

Il s’agit aussi de donner aux jeunes, au collège et au lycée, les informations indispensables pour leur permettre de s’orienter en toute connaissance de cause. Combien de parents rêvent de voir leur enfant travailler à l’usine ou dans un atelier ? Peu probablement. Ils le seraient davantage s’ils connaissaient, filière par filière, les données relatives au taux d’occupation dans l’emploi, au salaire d’embauche, ainsi qu’à la nature des emplois.

Les jeunes aspirent légitimement à s’insérer rapidement dans la vie professionnelle. Ils ne connaissent trop souvent l’entreprise que comme clients ou à travers les médias, rarement de l’intérieur.

En tout état de cause, la bataille de l’emploi se gagne dans les territoires, au plus près des besoins. Il revient au niveau national de fixer les grands objectifs, de négocier les qualifications professionnelles de demain ou encore d’évaluer les transformations des métiers. Mais l’essentiel du travail se fait sur le terrain. C’est donc au niveau local qu’il faut assurer dans les meilleures conditions la mise en relation, l’accompagnement et le conseil.

Quel meilleur levier, dès lors, que ce Salon pour favoriser cette relation entre les demandeurs d’emploi et l’entreprise ? Et le Salon le prouve : 330 exposants (dont des exposants allemands) sur 12 000 m2 répartis sur 4 halls.

Face au fléau du chômage, nous devons avancer tous ensemble, dans une même direction. Ne laisser personne sur le bord du chemin, en faisant de notre diversité une richesse pour la collectivité. C’est pourquoi les actions localement engagées pour atteindre cette priorité sont essentielles. La Ville de Colmar et Colmar Agglomération montrent l’exemple à ce niveau-là.

Ainsi, depuis 2013, près de 40 jeunes ont été formés par la Ville ou par Colmar Agglomération dans le cadre du dispositif des emplois d’avenir.

25 d’entre eux ont été embauchés à l’échéance de leur contrat, et 5 sont encore sous contrat dont le dernier prendra fin le 31 août 2019. 14 services municipaux et 2 services communautaires ont accompagné ces jeunes pendant 3 ans. Ils ont été formés sur 29 métiers différents.





Par ailleurs, la Ville de Colmar a pour habitude de signer, chaque année depuis 1995, des contrats d’apprentissage. Très présents au sein des services des Espaces Verts et de la Maintenance, les apprentis (au nombre de 4 actuellement) ont eu la possibilité d’intégrer d’autres services tels que l’Enseignement, les Sports ou encore le Centre socioculturel.

Nous avons pris l’option, depuis ces dernières années, de permettre à des jeunes non qualifiés de se former et de gagner en expérience pour se lancer sur le marché du travail en étant mieux armés. C’est pourquoi nous préparons les jeunes à des CAP, et non plus forcément à un niveau de diplôme plus élevé.

Pour favoriser l’emploi, il faut du travail. Je relève à cet égard l’importance exceptionnelle des dépenses d’équipement dans le projet de budget de la Ville de Colmar pour 2019 : près de 50 M€. Donc du travail pour les entreprises !

2019 sera une année phare de cette mandature. Je rappelle cette comparaison : le ratio d’investissement habitant est de 694 € à Colmar, par rapport à 326 € pour la moyenne nationale des villes de la même strate de population. Soit 25 760 000 € d’investissements supplémentaires, localement ! L’investissement est tout aussi dynamique du côté de Colmar Agglomération : 22 M€ en 2019, soit une augmentation de près de 18 % par rapport à 2018 !

Au total, c’est donc un volume global de quelque 72 M€ qui va alimenter le carnet de commande des entreprises. Il correspond à l’emploi de près d’un millier de personnes dans le bassin de vie colmarien.

La Ville de Colmar, comme Colmar Agglomération, sont donc bel et bien des moteurs pour l’activité économique locale. Nous n’avons pas peur d’investir quand il s’agit des emplois d’aujourd’hui et de demain. Cet axe fort de notre politique contribue aussi au fait que le taux de chômage sur notre territoire est inférieur de 2 points à la moyenne nationale.

Parallèlement, Colmar Agglomération intervient en direction des entreprises souhaitant s’implanter ou se développer sur le territoire. A ce titre, Colmar Agglomération incite à lutter contre la vacance de locaux d’activité, à travers le développement des deux dispositifs d’aide à l’aménagement de locaux et à l’acquisition de locaux. Depuis 2016, Colmar Agglomération a soutenu 29 entreprises.

De même, Colmar Agglomération est intervenue dans le cadre d’un partenariat avec la Région Grand Est, pour bonifier l’aide à l’investissement matériel dans les entreprises. Ainsi, Colmar Agglomération a pu attribuer un montant total d’aides de 201 000 € au bénéfice de 17 entreprises.

Par ailleurs, Colmar Agglomération vient de lancer l’opération de construction d’une pépinière d’entreprises au sein du quartier Europe à Colmar. La pépinière sera intégrée au « pôle entrepreneurial » qui offrira des solutions d’accueil et de développement aux jeunes entreprises du territoire. Outre la fonction de pépinière, les bureaux pourront aussi être affectés partiellement à un espace partagé pour ainsi servir, par exemple, de tiers-lieu pour des actifs du bassin d’emploi de Colmar. L’opération est estimée à 2,4 M€ HT, avec un co-financement du Département du Haut-Rhin et un partenariat avec la Région Grand Est. Elle est appelée à figurer dans le programme « cœur de ville ».

Dans le cadre de partenariats étroits, Colmar Agglomération soutient aussi les associations locales et les actions qui œuvrent pour l’insertion professionnelle des jeunes les plus éloignés de l’emploi. Je note, entre autres, le soutien à la Mission Locale Jeunes Haut-Rhin Nord Colmar-Guebwiller (à hauteur de 185 000 €/an), présidée par Madame Céline WOLFS-MURRISCH.

Depuis plus de 25 ans, la Mission Locale réunit les acteurs du territoire, et fédère les énergies dans un même objectif, pour répondre aux besoins des jeunes. Avec plus de 3 000 jeunes accueillis par an, le travail de la Mission Locale est largement reconnu.


Dans le même esprit, Colmar Agglomération participe à la gouvernance du Campus des Métiers et des Qualifications Agroalimentaire Grand Est. L’objectif de ce Campus est de créer des passerelles entre les entreprises et les acteurs de la formation dans des créneaux porteurs, et de valoriser les métiers de l’agroalimentaire auprès des jeunes et des personnes en reconversion professionnelle.

Porté par l’UHA et la Faculté de Marketing et d’Agrosciences, dans le cadre d’un partenariat entre la Région Grand Est et le Rectorat, le campus est soutenu par Colmar Agglomération. Ainsi, il est prévu que les représentants du Campus des Métiers intègrent à terme le bâtiment de l’IUT Génie Biologique au Biopôle, rue de Herrlisheim, dans le cadre de l’opération de rénovation financée en partie par Colmar Agglomération.

La Ville de Colmar, son agglomération et Pôle Habitat Centre Alsace interviennent également sur l’insertion socio-professionnelle par le biais des clauses d’insertion. En effet, pour tous les travaux inscrits dans le cadre des programmes de renouvellement urbain, un quota de 5 à 10 % de la totalité des heures travaillées dans les marchés de travaux est consacré aux personnes en recherche d’emploi en insertion. En 2018, quelque 9 700 heures ont été comptabilisées à ce titre sur les opérations suivantes :
-        Construction de 8 logements, rue de Thann,
-        Construction de 13 logements, route de Neuf-Brisach,
-        Réhabilitation et restructuration du secteur Luxembourg,
-        Opération de réaménagement du parking de l’ex magasin « Match », quartier Europe.

Le niveau de qualification reste un facteur déterminant dans la recherche d’emploi. En ce sens, le Salon Formation Emploi Alsace, soutenu par la Ville de Colmar et Colmar Agglomération, constitue un évènement qui permet de saisir des opportunités sur des métiers à découvrir. C’est une occasion unique pour nouer des contacts, s’informer, avoir un autre regard sur les formations et l’emploi.

Le Salon reflète aussi la réalité du marché du travail mettant en avant des opportunités, à savoir :
-        La dynamique de l’emploi transfrontalier,
-        L’évolution des métiers et des formations,
-        La réalité de certains métiers qui restent à découvrir ou à redécouvrir.

Toutes nos félicitations donc à l’Association Jeunes Emploi Formation organisatrice de cette manifestation annuelle de fin janvier, avec à sa tête son président, Monsieur Thierry PORTET.

Soyons confiants : l’action de chacun finira bien par faire le succès de tous !


Gilbert MEYER

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