lundi 11 mars 2019

Mot de la semaine n°439 : Frais d'inscription UHA


Le Premier Ministre a présenté fin 2018 la stratégie nationale d’attractivité « Bienvenue en France » qui consacre l’objectif d’accueillir 50 000 étudiants internationaux en France d’ici 2027.

Les constats sur lesquels repose cette stratégie sont sévères. La France qui est le 4ème pays d’accueil des étudiants internationaux au monde, ne figure plus depuis plusieurs années parmi les 20 pays connaissant la plus nette progression du nombre d’étudiants accueillis. Elle vient récemment de perdre une place dans le classement mondial.

Une partie du financement de la stratégie gouvernementale pour contrer cette tendance, repose sur une augmentation sensible des droits d’inscription pour les étudiants issus de pays n’appartenant pas à l’Union européenne.

J’ai tenu à exprimer mes très fortes réticences à la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation quant au bien-fondé de cette augmentation des droits d’inscription. En effet la mesure entrevue risque d’aller à l’encontre de l’objectif visant à renforcer le rayonnement de la France dans le monde.

Notre pays a besoin de consolider ses liens particuliers avec la Francophonie et d’affirmer ses valeurs dans un espace mondialisé. Elle a donc besoin, au contraire de ce qui est préconisé, d’améliorer l’accueil des étudiants étrangers y compris ceux en dehors de l’Union européenne, et de simplifier à cet effet, pour eux, les procédures administratives en matière de visa.

Les étudiants extra-communautaires au sein de l’université de Haute-Alsace contribuent à son rayonnement et à la qualité des liens tissés avec l’espace de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le monde. Ils constituent une vraie richesse lorsqu’ils font le choix, après l’obtention de leur diplôme, de mettre leurs qualifications au service de notre pays et de notre économie. A Colmar, nous comptons 289 étudiants extra-communautaires sur un total d’étudiants de quelque 2100 (Grillenbreit et Biopôle), soit près de 15% (hors Suisse et Québec, non concernés par la disposition).

Par ailleurs, à l’heure où nous souhaitons renforcer notre politique d’aide publique au développement, et où un accord particulier est mis sur la coopération France Afrique (cf. l’intervention de Colmar Agglomération et de Vialis au Burkina Faso – Mot de la Semaine du 28 novembre 2016), la sélection économique engendrée par l’augmentation des frais d’inscription irait à l’inverse du multilatéralisme revendiqué.

J’émets donc des réserves sur cette intention qui affaiblira, de fait, l’enseignement supérieur et les centres de recherches en Centre-Alsace. Or pour un territoire, une université, c’est la garantie de conserver une réelle vitalité, une richesse économique et culturelle. C’est un élément important d’une politique d’aménagement du territoire. En effet, les entreprises elles-mêmes tirent profit du travail effectué au sein des départements universitaires qui offrent un champ d’application naturel à la recherche.

J’ai appelé de mes vœux une meilleure concertation pour créer les conditions d’une stratégie partagée. Ainsi ne serait-il pas préférable de continuer à défendre l’accès de l’université à tous et d’étudier les tarifs d’inscription en fonction des ressources de chaque étudiant ?


 Gilbert MEYER

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