lundi 25 mars 2019

Mot de la Semaine n°441 : Violence Gilets jaunes


Les Champs-Élysées à Paris ont vécu un nouveau samedi d’enfer, le 16 mars dernier. Les pillages et les saccages perpétrés ont connu une dimension terrifiante et donc totalement inacceptable.

Certes, ces débordements inqualifiables ne sont pas le lot des « gilets jaunes » dont le droit à manifester ne peut être contesté sur le principe. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : les professionnels de la casse et du désordre profitent de ces manifestations en les infiltrant, pour semer la haine et la violence. Il n’y a pas de dialogue possible avec eux.

L’organisation des « débats » sur tout le territoire semblait avoir contribué à apaiser le climat quasi insurrectionnel, même si les manifestations ont perduré chaque samedi, depuis fin novembre.

Mais j’observe d’abord que la plupart des manifestations organisées par les « gilets jaunes » ne sont pas déclarées en Préfecture, ce qui est contraire à la loi. Je relève ensuite que le problème sécuritaire est toujours présent et qu’il a même pris de l’ampleur à Paris, samedi 16 mars.

Il est facile de décocher, après coup, les flèches contre le pouvoir pour critiquer le travail des forces de l’ordre appelées à encadrer les manifestations. Il n’empêche : la sécurité est une compétence régalienne de l’État. On ne peut accepter les scènes de violence rencontrées. S’il y a eu des erreurs d’appréciation, elles ne doivent plus se renouveler ! Il s’agit de faire sortir le laxisme dans l’organisation institutionnelle régalienne de notre pays.

Le Gouvernement doit absolument corriger cela.  La gouvernance perd de son autorité et de sa crédibilité. Les évènements du samedi 16 mars appellent donc une ferme réaction. La loi anticasseurs (toujours non validée par le Conseil Constitutionnel), et les mesures annoncées le 19 mars (dont l’interdiction de manifester dans les quartiers les plus touchés jusqu’ici), vont-elles être suffisantes ? Une certitude : les forces de l’ordre voient monter d’un cran le niveau de leurs consignes d’action. En effet, l’urgence est évidemment de mettre fin aux violences. Mais nos forces de police bénéficient-elles de la sécurisation nécessaire ?

Au-delà des dégâts causés, les évènements qui se succèdent ont aussi pour effet de dresser les Français les uns contre les autres. Or la démocratie se nourrit du sentiment de commune appartenance à la Nation. Ce lien est en train de se déliter dangereusement. Par ailleurs, l’image renvoyée à l’étranger par notre pays est triste et déplorable.

Le mouvement des Gilets Jaunes est multiforme. Il n’a pas de leader avec lequel le pouvoir peut dialoguer. Pas de mot d’ordre au sein du mouvement, pas d’organisation. Personne, au sein du collectif, qui puisse appeler au sens des responsabilités. Dès lors le débat national qui se termine a-t-il des chances de faire sortir de l’impasse notre pays ?

Une part des contestations demeure démocratique. Le « Grand Débat » organisé à Colmar,
le 4 mars dernier l’a démontré. Les « Gilets Jaunes » qui étaient présents ont fait preuve de respect et de tenue. Mais une frange des contestataires a franchi les limites au plan national et se complait désormais dans la destruction pure et simple !

Peut-on assimiler les casseurs aux « Gilets Jaunes » ? Certes, non ! mais j’aurais souhaité que parmi ces derniers, certains s’élèvent contre les actes de destruction commis, pour mieux marquer la différence entre eux et les « casseurs » … La violence ne sert pas la cause des « gilets jaunes ».

Saccager pour saccager, détruire pour détruire, ce n’est pas manifester. Ça ne débouche sur rien. Un peu de raison ! La paix civile, si précieuse, n’a pas de prix … Hélas, à la date d'aujourd’hui, rien ne nous conduit vers la sérénité. Le Général De Gaulle aurait utilisé un certain mot, celui dont il avait qualifié les désordres liés aux évènements de mai 1968 ...


Gilbert MEYER

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