lundi 1 avril 2019

Mot de la semaine 442 - Atelier patrimoine et forme urbaine


J’ai assisté à Paris, le 19 mars dernier à la rencontre nationale « Innovations urbaines en cœur de ville ».

Cette journée était organisée par la Ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales, avec le Ministre de la Culture, en un étroit partenariat avec la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

Elle a permis de débattre sur les enjeux de l’innovation urbaine dans les cœurs de ville et d’échanger sur les expériences et bonnes pratiques locales.

J’ai été chargé d’animer dans le cadre de cette rencontre un atelier intitulé : « patrimoine et forme urbaine », dans le cadre de l’opération « Action Cœur de Ville ».

J’ai pu ainsi présenter les actions menées à Colmar, depuis plus de 20 ans dans les domaines de la culture et du patrimoine. Avec mon équipe, j’ai entendu en effet faire de ces deux domaines des piliers de notre action municipale. Pourquoi ? Pour en faire des atouts en termes d’attractivité et de développement économique pour la Ville.

Selon les statistiques, l’impact économique du patrimoine est en moyenne 20 fois supérieur aux coûts d’investissement qu’il mobilise. Loin d’être une charge, le « patrimoine » constitue un moteur important et dynamique. L’investissement culturel constitue un réel booster. Au-delà du seul impact de la fréquentation des monuments et des sites, l’enjeu économique du patrimoine culturel englobe d’autres secteurs dynamiques. Il en va ainsi de la fréquentation des hôtels, de la restauration, avec les retombées sur le commerce de proximité et les emplois de services.

La démarche de valorisation des lieux et éléments du patrimoine génère en outre une spirale d’attractivité globale en touchant à des domaines financièrement non quantifiables, mais dont l’impact sur les choix d’investissements est loin d’être négligeable : cadre de vie agréable, offre culturelle diversifiée, ambiance citoyenne et pédagogique, démonstration de confiance en l’avenir, etc.

Aujourd’hui la part de la culture et du patrimoine dans le budget de la Ville est de 15 %, soit le triple du taux moyen constaté dans les communes de plus de 10 000 habitants. Sur la
période 2009-2017, le stock d’investissement cumulé est passé de 10 à 100 millions d’€. Quant au fonctionnement, les crédits affectés aux services culturels oscillent également autour de 15 % da la masse totale. Or il s’agit là de ratios très peu courants pour une ville moyenne, et même sans commune mesure avec la part accordée aux secteurs de la culture et du patrimoine par l’Etat et les autres collectivités territoriales.

Au regard de l’intérêt qu’a suscité ma présentation (cliquer), je ne doute pas que notre travail pourra servir d’exemple à d’autres villes dont celles retenues, à l’instar de Colmar, dans le plan national « Action Cœur de Ville ».


La culture et le patrimoine doivent donc être défendus car ils sont aussi un atout de développement et de richesse pour les collectivités locales, au-delà du poids de la dépense qu’ils représentent. Cet engagement suscite aussi la fierté de tous les Colmariens.

La politique culturelle et patrimoniale de la Ville de Colmar s’inscrit dans le cadre plus large d’un projet municipal où la recherche de l’excellence, la proximité et la rigueur de gestion sont des fils conducteurs. Elle s’appuie bien entendu sur le socle d’une riche tradition historique et sur la valorisation du cadre urbain ancien. Mais au-delà, l’objectif est bien de voir rejaillir la gestion des équipements patrimoniaux sur la vitalité économique et l’attractivité globale de la ville entière. L’attractivité Colmarienne résulte pour beaucoup de ce choix stratégique.

A l’issue de cette rencontre nationale, Madame Jacqueline GOURAULT, Ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales, a annoncé les villes lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt « Réinventons nos cœurs de ville ». Colmar a le grand bonheur de figurer parmi les 111 villes retenues. Elle aura droit à « un accompagnement sur mesure » pour le projet visant la requalification de la gare de marchandises, route de Rouffach (voir « Mot de la Semaine n°396 du 14 mai 2018 »). Il ne fait pas de doute que la qualité et la pertinence du dossier présenté auront contribué à ce satisfecit.



Gilbert MEYER

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