lundi 23 juillet 2018

Biodiversité


La biodiversité n’est pas juste un terme scientifique utilisé par les chercheurs et les savants. Ce mot, nous le rencontrons au quotidien. Chacun de nous. La biodiversité est en effet omniprésente autour de nous et en nous : nos aliments, le papier sur lequel nous écrivons, l’air que nous respirons. Jusqu’à notre flore intestinale ! Toute notre vie dépend de la biodiversité.

Nous avions déjà consacré l’Agenda 2012 de la Ville de Colmar à la question du développement durable. La préservation de la biodiversité y prenait une large part.

Mais le sujet de la nature et de la biodiversité est plus que jamais d’actualité, avec, en particulier, la publication d’études récentes qui révèlent que :

-        30% des oiseaux ont disparu de nos campagnes françaises, ces 20 dernières années (études CNRS et Muséum d'histoire naturelle). Or toute extinction est définitive, et il faut plusieurs centaines de milliers d’année pour que, selon les spécialistes, une nouvelle espèce puisse émerger.

-        80 % des populations d’insectes ont chuté en Europe, en moins de 30 ans (étude internationale publiée par la revue scientifique PLoS One).  Ce déclin est très préoccupant car les insectes constituent un maillon essentiel dans la chaîne alimentaire. Ils jouent également un rôle essentiel dans le processus de pollinisation.

L’effondrement de la biodiversité affecte tous les écosystèmes et fait craindre, si rien n’est fait, une catastrophe écologique préjudiciable à toute forme de vie sur la planète. La biodiversité désigne en effet toutes les formes de vie sur Terre, chacune d’entre elles étant nécessaire à la survie de toutes les autres. Les espèces sont donc interdépendantes. De toutes les crises écologiques qui affectent notre planète, l’érosion de la biodiversité tient le haut de l’affiche.

C’est un paradoxe aujourd’hui : la biodiversité s’épanouit parfois davantage en milieu urbain qu’à la campagne. Cette situation est liée à l’appauvrissement des paysages ruraux (ex : depuis 1945, 80% des vergers ont disparu en Alsace), avec la disparition de nombreux milieux naturels, et à une technique agricole favorisant l’emploi de produits phytosanitaires.

Entre changement de pratiques culturales, diminution de l’utilisation de pesticides, protection et création de zones naturelles, des solutions existent pourtant, à tous les niveaux, pour enrayer cette disparition.

C’est le chemin que nous avons choisi, à Colmar, en déployant de nombreuses actions en faveur de la préservation de la biodiversité et de la nature dans notre Agenda 21 ; en voici quelques exemples :

-        application du principe du « zéro phyto » pour l’entretien des espaces verts. Les différentes techniques alternatives utilisées sont le débroussaillage, le désherbage mécanique, le binage, le sarclage, le paillage des massifs pour limiter le développement des adventices et l’évaporation de l’eau, le sablage des pieds d’arbres et des allées et le désherbage thermique, tout cela au moyen de matériel adapté comme le chalumeau thermique ;

-        verdissement de l’espace public, avec un minimum de 5% du montant global des travaux de voirie consacré à la création d’espaces verts ;

-        mise en un œuvre d’un « Plan Bleu » qui vise à remettre à l’air libre les cours d’eau du centre-ville ; 

-        opération « un arbre un prénom » proposée aux jeunes parents, avec la plantation d'un arbre d'alignement ou de parc portant le nom de l'enfant ou fourniture d'un arbre à planter dans le jardin privatif ;

-        création de micro jardins dans les écoles, de jardins familiaux, de lieux de convivialité et de jardins partagés : rue Etroite et Parc Saint-François-Xavier (gestion Ville), rue de Schongau (gestion Pôle Habitat). Un quatrième jardin partagé va être aménagé Place Billing en fin d’année 2018 ;

-        mise en place depuis près de 10 ans d’une Réserve Biologique Dirigée (530 Ha) sur le massif forestier du Niederwald au nord de la ville. Dans ce cadre, un réseau d'îlots de vieux bois a été institué par le Plan de Gestion. Le 25 juin dernier, le Conseil Municipal a validé la transformation de cette mesure par la mise en place de 2 îlots de sénescence (sans récolte de bois) pour une surface de 28,3 ha.

Cette décision doit permettre d'optimiser le rôle et la richesse écologique des forêts alluviales, de favoriser l'expression de la biodiversité forestière (communautés animales et végétales strictement liées aux vielles forêts et au bois mort : avifaune spécifique, chauve-souris, etc.), d'accroître le caractère naturel et la complexité structurale des habitats forestiers et d'offrir des habitats propices pour le développement des espèces d'intérêt communautaire de la zone Natura 2000.


Dans ces périmètres, la Ville s'engage en effet à proscrire toute sylviculture et exploitation forestière, à ne pas autoriser la création d'aménagements ou d'équipements cynégétiques et à maîtriser la fréquentation des lieux pendant 30 ans.

 
-        au niveau de nos documents d’urbanisme :

a)      les milieux naturels remarquables, les massifs boisés ainsi que les cordons arborés accompagnant les cours d’eau sont inscrits en zone naturelle ou agricole inconstructible. Le couloir de la Lauch est classé en zone agricole largement inconstructible également. Il fait l’objet en outre d’un classement en "emplacement réservé" pour en préserver la fonction de continuité écologique ;

b)      des dispositions réglementaires spécifiques aux fossés (interdiction de busage, de comblement et d’enrochement, plantations privilégiant les espèces des milieux humides) sont mises en œuvre pour préserver et restaurer, lorsque c’est possible, les fonctionnalités hydrographiques du réseau de fossés ;

c)      dans les Orientations d’Aménagement et de Programmation qui guident l'urbanisation des nouveaux quartiers, des principes de préservation des espaces naturels sont édictés par l'obligation de plantations le long des voies, l'aménagement de parcs ... ;

d)     des mesures de protection des vergers ont été inscrites dans le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale : document de planification de l’urbanisme, à l’échelle du bassin de vie).

Cette politique d’ensemble porte ses fruits. J’en veux pour preuve l’importance du patrimoine arboré de la Ville de Colmar, riche et varié (cf. Mot de la Semaine du 11 juin 2018) :

Notre regard sur la nature en ville doit changer, en acceptant parfois d’être entouré d’espaces verts qui ne sont pas totalement « jardinés » ; où l’intervention de la main de l’homme est volontairement allégée (ex : fauches tardives, présence d’herbes folles au pied des arbres,…).

Notre politique s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Nous devons poursuivre nos efforts, en inventant toujours de nouvelles solutions pour faire de la nature urbaine l’un des grands enjeux environnementaux de la ville du futur.

Vous l’aurez compris, réconcilier nature et ville ne répond pas seulement à des préoccupations environnementales. C’est également un facteur de confort, de bien-être, de santé pour les habitants et les visiteurs de notre cité.

Plus largement, préserver la biodiversité de notre planète est une composante fondamentale à la survie de notre propre espèce. Je suis d’ailleurs de ceux qui se réjouissent devant la proposition du Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, d’inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution. Voilà une initiative qui, au-delà du symbole, est à la hauteur des enjeux de notre siècle.

Soyons alors tous ensemble les sentinelles de ce combat pour la préservation du vivant.

 

 
Gilbert MEYER

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