lundi 12 août 2019

Mot de la Semaine N° 461 du 12 août 2019 (Pesticides)





Plusieurs dizaines de milliers de tonnes de pesticides sont utilisées en France chaque année pour contrôler chimiquement les espèces considérées comme nuisibles, les insectes en particulier.
 
Une part de ces produits est destinée à l’entretien des jardins et des espaces verts.

Les particuliers, comme les collectivités, utilisent encore trop de produits chimiques, notamment des herbicides, malgré leur nocivité.
 
Or, l’usage des désherbants sur des surfaces imperméables ou peu perméables entraîne, par ruissellement, la pollution des eaux de surface ou souterraines. Les statistiques montrent que 90% des cours d’eau et plus de 60% des nappes phréatiques françaises contiennent des résidus de pesticides …
 
La loi avait fixé l’interdiction de l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques en 2017, au plus tard, dans les espaces publics, et en 2019 dans les espaces privés.

Mais Colmar a franchi le pas dès … 2009, témoignant de la faisabilité des méthodes alternatives. Dès cette année-là, nous avons entendu valoriser notre engagement en faveur de la biodiversité de proximité. Nous n’avons donc pas attendu la loi pour « bien faire ». Quelques illustrations, dont certaines vont bien au-delà du non-recours aux herbicides :
 

Ø  dès 2009, une fiche-action de l’Agenda 21 de la Ville de Colmar prévoyait un approvisionnement en eau potable sans traitement, en empêchant l’infiltration de toute pollution dans le périmètre du champ captant du Kastenwald. Ce nouveau champ captant a été réalisé en 2009 par Colmar Agglomération, pour un coût de 10,6 M€HT, en complément des deux champs captants historiques aux lieudits Neuland et Dornig.

 
Le champ captant du Kastenwald se trouve donc à l’abri des contaminations en nitrates et produits phytosanitaires relevés à l’amont, dans la plaine de céréaliculture intensive. Il répond à une diversification des ressources afin que l’utilisation du réseau colmarien existant (plus de 300 km) reste pérenne.

 
Les forages du Kastenwald ont une profondeur de l’ordre de 100m afin de prélever une eau de qualité constante avec de faibles risques de contamination bactériologique. Ce surcoût permet de garantir durablement une eau de qualité aux usagers colmariens et évite ainsi la mise en place de traitements conséquents de « potabilisation ».

 
L’action se poursuit aujourd’hui en partenariat avec les Services de la Chambre d’Agriculture du Haut-Rhin qui animent la transition agricole sur les périmètres de protection, dans le but de préserver la ressource en eau.

 

Ø  Nous avons développé une gestion différenciée des espaces verts qui consiste à ne pas appliquer à ces derniers la même intensité ni la même nature de soins : binettes, débroussailleuses, réciprocatores, désherbeurs mécaniques sont les outils utilisés par les jardiniers de la Ville en remplacement des molécules chimiques.

 
A cet effet, l’ensemble des espaces verts de la Ville a été recensé et classé en 7 catégories :


o   Catégorie 0 : les plantations hors sols : bacs, pots, jardinières, suspensions : 540 bacs et pots

o   Catégorie 1 : les espaces verts à entretien très soigné (espaces verts « de prestige » :
7,36 ha)

o   Catégorie 2 : Espaces verts à entretien soigné : 26,25 ha

o   Catégorie 3 : Espaces verts à entretien suivi : 33,08 ha

o   Catégorie 4 : Espaces verts à entretien extensif : 33,94 ha

o   Catégorie 5 : Terrains de sports engazonnés : 21,46 ha

o   Catégorie 6 : Arbres d’alignement.

Le patrimoine arboré de Colmar, comprend 3 500 arbres de parc, 10 500 arbres d’alignement, 300 rues et places plantées dont 25 espèces, 42 variétés et 17 cultivars mais également pas moins de 24 arbres remarquables dont, le Hêtre pleureur du Parc St François Xavier et l’Érable Négundo rue des Trois Châteaux.

De plus, à chaque rénovation de rue, la Ville prévoit une plantation d’arbres. Depuis 2008, l’opération « 1 Arbre – 1 Prénom » a complété le patrimoine arboricole de 200 unités.

 

Total : 122,09 ha d’espaces verts

 

Ø  depuis 7 ans, notre action vise aussi à végétaliser les pieds des arbres. Ces plantations limitent les travaux de désherbage, apportent un intérêt paysager et, surtout, favorisent le bon développement des arbres.

 
Ainsi, 1128 pieds d’arbres ont été végétalisés, dans 48 rues (dont 36 rues depuis 2014), ce qui représente une moyenne de presque 10 rues végétalisées par an.

 

Ø  Notre politique visant à promouvoir un développement durable a été récompensée par l’obtention d’une première « libellule » en 2012 (réduction de 30% des produits phytosanitaires), puis d’une deuxième « libellule » en 2014 (réduction de 70% des produits phytosanitaires). Une nouvelle étape a été franchie au printemps 2016, avec une gestion totalement en « zero phyto » des 120 hectares d’espaces verts de la ville.

Cette évolution a nécessité un effort conséquent d’organisation et une forte implication de la part des agents de la Ville. Ces pratiques vertueuses nécessitent en effet beaucoup plus de temps de travail que les traitements phytosanitaires. Un véritable « savoir-vert » a ainsi été mis en œuvre permettant de concilier agrément esthétique et considérations paysagères, avec les exigences environnementales règlementaires.

 

Ø  Le Conseil Communautaire de Colmar Agglomération a approuvé, sur ma proposition, le
21 mars dernier, le texte d’une convention avec la Région Grand Est, l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse et la Chambre d’Agriculture d’Alsace. Ces trois instances se sont engagées à définir ensemble une stratégie et à mettre en œuvre des actions opérationnelles permettant d’inverser la tendance à la hausse des teneurs en pesticides dans la nappe d’Alsace et les aquifères du Sundgau, constatée dans le cadre du projet européen ERMES (Évolution de la Ressource et Monitoring des Eaux Souterraines).

 

Gilbert MEYER
 

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