lundi 3 février 2020

Mot de la semaine n° 484 - Tiefenbach


J’ai été saisi par un certain nombre de concitoyens ainsi que par les membres de l’association Tiefenbach Environnement quant à la présence de quantités de résidus de fabrication de lindane dans les années 1965 à 1970 sur des terrains situés à Wintzenheim, à l’ouest du nouveau centre de recyclage « Europe » exploité par Colmar Agglomération.

Ce dossier, je le connais fort bien. Il provoque de nombreuses spéculations. Je rappelle qu’à la suite de la liquidation judiciaire de la société PCUK (Produits Chimiques UGINE-KUHLMANN) prononcée en 1996, un arrêté préfectoral de 1997 avait prescrit à l’entreprise et au liquidateur judiciaire d’assurer la surveillance des eaux souterraines.

L’ADEME (Agence Départementale de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), service de l’Etat compétent au regard de la gestion des sites pollués, s’est vu confier, en 1999, une mission de contrôle et de maintenance du dépôt, ainsi que la surveillance de la nappe phréatique en aval du site.

Sur les années 2009 et 2010, des travaux financés par l’ADEME ont été entrepris afin de réaliser des travaux d’étanchéité et de confinement en vue d’éviter des infiltrations d’eau de pluie dans le massif des déchets et ainsi, d’empêcher la pollution de la nappe phréatique par élargissement de la langue contaminée.

Ces prestations ont consisté en la mise en œuvre d’une membrane géotextile étanche. Parallèlement, depuis cette date, l’État assure régulièrement des contrôles pour vérifier la qualité des eaux.

Le suivi analytique des eaux souterraines réalisé suite aux travaux a montré une migration du panache de pollution. En juin 2015, un arrêté préfectoral a pris en compte cette évolution en augmentant la zone de restriction d’usage. Depuis, des prélèvements sont réalisés régulièrement pour vérifier la qualité des eaux. La dernière campagne effectuée en 2018 a mis en évidence que le panache restait stable, voire en légère régression, tout en relevant des teneurs au-dessus des seuils de potabilité principalement à la verticale du dépôt,
ainsi que sur d’autres points de surveillance, mais à des niveaux bien inférieurs aux teneurs mesurées au droit du dépôt.

Au vu de ces éléments, le Comité National des Sites et Sols Pollués a décidé le lancement d’une nouvelle campagne de mesures sur une durée de 4 ans, soit jusqu’en 2023.

Cet historique démontre que la situation n’est pas nouvelle et qu’elle a pu être maîtrisée jusqu’à présent.

J’ai présenté au Conseil Communautaire de Colmar Agglomération réuni le jeudi 19 décembre 2019, une motion appelant la vigilance de l’État qui, je le rappelle, demeure l’autorité compétente pour intervenir sur ce site et prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir tout risque de pollution. Cette motion vise à demander à l’État :

Ø  de prendre toutes ses responsabilités au titre des compétences qu’il exerce sur l’emprise foncière du site abritant le dépôt de lindane,
Ø  d’envisager, si une propagation de la pollution devait être constatée, de faire extraire les produits stockés sur le site en vue de dépolluer l’ensemble des terrains et sous-sols concernés par la présence de lindane,
Ø  de communiquer aux collectivités publiques concernées, aux riverains et, de manière générale, à la population des informations périodiques sur l’évolution des risques sur la base des résultats de l’étude engagée ou réalisée, ainsi que sur tout type de travaux entrepris sur le site,
Ø  l’étude de l’ADEME à réaliser doit être communiquée sous un délai d’un an.

 Mon implication sur le sujet et mon attention portée sur ce dossier sont entières.



Gilbert MEYER
Maire de Colmar
Président de Colmar Agglomération

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